Le Cheikh al-Islam est le maître de millions de disciples à travers le monde, dont le moins illustre est préservé du pire des péchés, celui qui avilit et engourdit l’homme : l’associationnisme. C’est ce péché qui a justifié l’envoi de messagers par Dieu à toute l’humanité.
Au Sénégal, on l’appelle le plus souvent Baye : à l’image du prophète Ibrahim (sur lui la paix), père du pur monothéisme, il a œuvré toute sa vie à extraire les croyants de la fange de l’associationnisme, pour les baigner dans la mer purificatrice de l’Unicité divine. Il est considéré comme le prolongement, à travers le temps, de la réalité de notre père Ibrahim (sur lui la paix), dont il a perpétué la mission de purification intérieure.
Ses qualités
Le Cheikh possédait de très belles et nobles qualités, toutes marquées du sceau de la perfection, qui attiraient tous ceux qui le connurent. Il entretenait des relations avec des personnes de toutes nationalités. Il ne prononçait que les meilleures paroles et était d’une grande générosité. Il était véridique, et son cœur pur était rempli de crainte pieuse.
Il était magnanime et disait : « J’ai pour le fils d’Adam un regard par lequel il m’est impossible de le détester. »
Toujours occupé, il ne connut jamais de répit et ne se laissa jamais prendre par le repos. Il dit un jour à l’un de ses fils : « Tu ne dois accorder aucun crédit au mot repos dans ce monde, car il n’y en a point. »
Le guide
Il était tour à tour l’imam qui prêchait et dirigeait les prières, le professeur émérite, le juge droit et juste, le prédicateur qui ravive les cœurs, l’éducateur qui élève aux hautes stations spirituelles, l’invocateur par le zikr, l’exégète et le savant au savoir pur et sublime.
Lecteur assidu du Coran, il le terminait deux fois par semaine : une fois en le lisant, une fois en le récitant.
Il était très préoccupé par la communauté de Muhammad ﷺ et disait : « Mon dessein est de la conduire à la présence du Bon, du Très Miséricordieux qu’est Allah. » Qu’ainsi ils n’adorent plus que Lui.
Il tenait ses disciples en haute estime et les couvrit de bienfaits qui les attachèrent à sa personne. Le noble savant mauritanien Al-Mukhtar Ould Muhammad Baba écrivit ainsi ces vers :
« Je suis l’esclave du Cheikh Ibrahim. S’il le veut, il me vend ; s’il le veut, il m’anoblit. Il m’a asservi par les honneurs, car l’honneur possède le noble. »
Sa confiance en Dieu
Il plaçait en Dieu une confiance totale et Le priait avec une grande piété, malgré la faveur qui lui était accordée. Il disait : « Allah m’a donné le savoir et le pouvoir d’agir sur les choses. Si j’ordonne en disant “Sois”, mon injonction sera suivie d’effet sans tarder. Mais j’ai pris Allah pour garant. Je ne suis pas, et c’est par l’ordre divin que j’agis. Cela par politesse et bonne conduite. C’est pour cela qu’Il m’a choisi pour ami. »
Il était doux, indulgent et patient, et ne nourrissait aucune animosité envers ses ennemis.